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les technologies PCI Express SLI, MXM, Axiom, SuperCache,
HyperMemory : que signifient ces nouveaux mots dans les fiches
techniques ?
Jean-Loup
Renault , Micro Hebdo, le 18/05/2005 à
07h00
L'arrivée de la norme PCI Express, il y a un an,
annonçait la mort progressive du connecteur AGP sur lequel on branche
habituellement les cartes graphiques. Rappelons que l'intérêt principal
du bus PCI Express
est sa vitesse de transfert. Son débit minimum, en 1X, est de 512 Mo/s. Les
connecteurs PCI Express destinés aux cartes graphiques étant en 16X, ils offrent
un débit de plus de 8 Go/s, alors que l'AGP, dans sa version 8X, culminait à
2,1 Go/s (voir Micro Hebdo numéro 301, page
30).
Cette petite révolution a donné le départ d'une course à
l'innovation entre les deux grands fabricants de cartes graphiques, ATI et
nVidia. Chacun d'eux met aujourd'hui au service des joueurs les avantages du PCI
Express avec les technologies SLI, MXM, Axiom, SuperCache et HyperMemory. Revue
de détail.
HyperMemory et TurboCache : technologies plus puissantes pour budgets
serrés
Pour fabriquer des PC à moindre coût, les constructeurs
les équipent de circuits graphiques à mémoire partagée : cela signifie qu'ils
n'ont pas de mémoire vidéo, mais s'approprient une partie de la mémoire vive du
PC. Ceci entraîne de très mauvaises performances en 3D et une mémoire réduite
d'autant pour les autres logiciels.
ATI et nVidia proposent désormais de nouvelles
technologies de partage de mémoire qui s'appuient sur le PCI Express. Elles
consistent à installer 16,32 ou 64 Mo de mémoire vidéo, au lieu des 128 ou
256 Mo habituels des cartes graphiques, et à utiliser la mémoire centrale en
complément. Elles se nomment HyperMemory chez ATI et TurboCache chez nVidia.
Résultat : quand on ne joue pas, toute la mémoire vive est disponible. Et,
lorsque l'on joue, on profite, en plus, de la mémoire vive avec une bande
passante plus grande qu'avec l'AGP.
Chez ATI, les cartes HyperMemory équipées d'un processeur
graphique Radeon X300 SE embarquent entre 32 et 128 Mo, alors que chez nVidia,
la mémoire vidéo de ses chips GeForce 6200 TurboCache va de 16 à 64 Mo. On
trouve déjà des cartes graphiques PCI Express équipées de ces nouvelles
technologies, à environ 30 euros de moins que les mêmes cartes en PCI Express
normal. Mais leurs noms prêtent à confusion. Vous trouverez par exemple des
GeForce 6200 TurboCache 128 Mo. En réalité, elles sont équipées d'une mémoire
vidéo de 64 Mo, à laquelle sont ajoutés 64 Mo puisés dans la mémoire vive du PC.
Comme les cartes graphiques TurboCache sont limitées à 64 Mo de mémoire vidéo,
il est facile de ne pas tomber dans le panneau. Mais si vous optez pour une
carte 32 Mo, vérifiez qu'elle embarque réellement 32 Mo de mémoire vidéo et pas
16 Mo seulement.
Le même procédé étant utilisé pour les cartes
HyperMemory, il conviendra là aussi de contrôler la quantité réelle de mémoire
vidéo. Les premiers tests montrent que ces nouvelles cartes ont des performances
médiocres. Elles apportent malgré tout un net progrès par rapport aux systèmes à
mémoire partagée des cartes AGP. Les PC ainsi équipés offriraient des
performances acceptables, permettant de jouer correctement à tous les jeux en
1 024 x 768 points. De là à profiter pleinement des jeux les plus récents, il y
a encore du chemin à parcourir...
MXM et Axiom : des cartes graphiques amovibles pour PC
portables
L'un des handicaps des PC portables face à leurs
homologues de bureau est l'impossibilité de changer la carte graphique, soudée
sur la carte mère. Or, avec l'arrivée du PCI Express, il devient possible de
brancher la carte graphique sur un connecteur extérieur, à condition de créer
une interface à cet effet. Les promoteurs du PCI Express n'ayant pas édicté de
normes pour cette interface, ATI et nVidia ont développé chacun la leur.
Chez nVidia, elle se nomme MXM (Mobile PCI eXpress Module) et donne la possibilité de brancher des cartes externes en trois
tailles différentes : MXM I (7 x 6,8 cm), MXM II (7,3 x 7,8 cm) et MXM III
(8,2 x 10 cm). Chacune est destinée à un type de portable : ultraportables,
portables et gros portables puissants. Ces cartes peuvent accueillir des chips
graphiques provenant d'autres fabricants que nVidia, qui positionne ainsi son
MXM comme un standard de fait. Les constructeurs s'y sont mis, puisque des
portables équipés d'un port MXM ont commencé à apparaître en France, tel le
Gericom 1st Supersonic PCI E (testé
dans Micro Hebdo numéro 365, page 11).
ATI, pour sa part, a développé un système concurrent
nommé Axiom (Advanced eXpress I/O
Module). Physiquement plus volumineuses que les
cartes MXM, les cartes Axiom n'existent qu'en un seul format et acceptent elles
aussi les chips graphiques d'autres marques. Selon ATI, elles pourraient
également, à l'avenir, recevoir d'autres éléments, comme un tuner TV. Ces deux
systèmes similaires divergent quant à leurs objectifs. Pour nVidia, il s'agit
bien de permettre dans le futur aux amateurs de jeu 3D, sous certaines
conditions, de changer de carte graphique.
Mais il s'agit aussi de fournir aux constructeurs de PC
un système unique de connexion qui leur évitera de fabriquer une carte mère
spécifique pour chaque type de chip graphique. Ils font ainsi des économies et
peuvent plus rapidement mettre leurs portables sur le marché. ATI limite
l'utilité de son Axiom à ce second objectif et ne croit pas que les possesseurs
de portables changeront de carte graphique, au point que les portables qui en
sont équipés n'en font pas état. En tout état de cause, si le premier pas a été
franchi, il en faudra encore bien d'autres avant que la carte graphique amovible
pour portable entre dans les moeurs...
SLI : deux cartes pour plus de performances 3D
Contrairement à l'AGP qui était limité à un seul
connecteur sur la carte mère, le PCI Express permet la présence simultanée de
plusieurs connecteurs. Une particularité qui a donné l'idée à nVidia de remettre
au goût du jour le principe de coupler deux cartes graphiques sur un seul PC, de
façon à doubler la capacité de calcul. Ce principe avait en effet été employé
avec succès, à l'époque où les cartes graphiques se branchaient encore sur un
connecteur PCI, par le constructeur 3Dfx avec ses célèbres cartes Voodoo 2 sous
le nom de SLI (Scan Line Interleaving).
Dans cette technologie, l'une des cartes affichait à
l'écran les lignes paires et l'autre les lignes impaires. Repris par nVidia, SLI
signifie désormais Scalable Link
Interface. Ce nouveau SLI fonctionne de deux
manières différentes, selon la complexité des images à afficher. Dans le mode
AFR (Alternate Frame Rendering), chaque carte calcule une image sur deux. Dans le mode SFR
(Split Frame Rendering), les deux cartes travaillent simultanément sur chaque image : la
première commence par le haut, la seconde par le bas. Quand elles se rencontrent
(pas forcément au centre), l'image est envoyée à l'écran.
Des conditions à respecter
 Il faut
pour cela que la carte mère du PC soit équipée de deux connecteurs PCI Express
16X et siglée SLI Ready. Les deux cartes graphiques doivent être compatibles SLI
et absolument identiques (marque, modèle et processeur graphique). Les modèles
disponibles sont actuellement les GeForce 6600 GT, 6800/ 6800 GT et 6800 Ultra :
l'alimentation électrique du PC devra être portée respectivement à 350 W, 450 W
et 550 W. Enfin, l'ensemble ne fonctionne qu'avec Windows XP et DirectX 9.0c.
Quatre écrans simultanés
 Pour jouer à des
jeux 3D, il faut brancher son écran sur l'une des deux cartes. Mais, comme les
deux cartes graphiques sont équipées d'une sortie VGA et d'une sortie DVI , il est physiquement
possible de brancher deux écrans sur chacune d'elles. Mais impossible de le
faire lorsque l'on joue. Cependant, à condition de désactiver le mode SLI et
d'effectuer les réglages nécessaires dans le pilote , il devient possible
d'afficher simultanément sur deux et même sur quatre écrans. Une capacité qui
permettra, par exemple, de faire du montage vidéo de manière plus confortable,
en affichant la vidéo sur un écran et les outils sur un autre...
D'après les tests effectués par notre labo, les jeux
récents, tel Doom 3, bénéficient d'une plus grande fluidité, même en activant toutes
les options en haute définition (1600 x 1200 points) avec deux GeForce
6800GT. Globalement, on estime le gain de performances à 60 %. Avec les jeux
plus anciens, comme Splinter Cell,
les différences sont en revanche insignifiantes ou nulles.
Ces résultats encourageants sont toutefois à mettre en rapport avec le
prix.
Si vous montez votre PC vous-même, la carte mère et les
deux cartes graphiques vous coûteront entre 400 et 1200 euros, un prix qui peut
être étalé dans le temps en achetant la seconde carte graphique plus tard. Les
joueurs exigeants et bricoleurs peuvent légitimement se laisser tenter. Acheter
un PC complet, forcément de haut de gamme, est, en revanche, financièrement
ruineux : le modèle ipower SLI de Packard Bell, par exemple, coûte 3 000
euros sans écran
Qu'est-ce que c'est ?
AGP (Advanced
Graphic Port)
 Type de connecteur d'extension placé sur la
carte mère des PC et conçu pour accueillir les cartes graphiques destinées à
accélérer l'affichage.
Bus
 Ensemble de fils qui véhiculent les
informations numériques entre les différentes parties de l'ordinateur.
Direct X
 Ensemble de
fonctions graphiques et sonores destinées à accélérer les jeux. Comme cet
ensemble évolue régulièrement, il en existe plusieurs versions, que l'on peut
télécharger sur le site de Microsoft. La version la plus récente est DirectX
9.0c.
DVI (Digital Video
Interface)
 Connexion numérique qui sert à relier une carte
graphique à l'écran. La liaison DVI améliore sensiblement la qualité de
l'affichage par rapport à une connexion VGA classique.
PCI (Peripheral
Component Interconnect)
 Connecteur présent sur la carte mère des PC et
des Mac, dans lequel on insère des cartes d'extension.
Pilote Ou driver.
 Petit programme qui gère les échanges
d'informations entre le micro et ses sous-ensembles (périphériques) et permet
d'effectuer des réglages.
VGA (Video Graphics
Array)
 Norme d'affichage d'une définition minimale de
640 x 480 pixels. Elle désigne couramment les connecteurs normalisés qui
permettent de brancher un PC à un écran.
Comment se branchent les cartes SLI en pratique
Sur la carte mère (1) , les deux cartes graphiques (2) se
branchent chacune sur un connecteur PCI Express 16X. Mais pour que les
processeurs graphiques puissent fonctionner en tandem, ils doivent aussi être
reliés l'un à l'autre par un pont SLI (3) , qui agit comme une liaison haut
débit. Ce pont SLI est normalement livré avec les cartes mères compatibles
SLI.
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