|
le Mpeg-4 Présent dans les caméscopes, les téléphones mobiles, Internet et
bientôt les chaînes de télévision numérique, le Mpeg-4 est un format de
compression vidéo révolutionnaire. Ses multiples paramètres d'encodage lui
permettent de s'adapter à presque tous les supports de diffusion et d'obtenir
différentes qualités d'image, allant du petit écran de téléphone au cinéma haute
définition.
Édouard
Maire , Micro Photo Vidéo, le 11/05/2005 à
07h00
Un film DVD, une cassette de caméscope ou une vidéo sur
Internet existent grâce à un format de compression vidéo. Ce dernier a pour but
d'adapter la qualité d'image au support que vous utilisez. Plus ce support est
de faible capacité, plus la compression doit être forte, un peu comme si vous
vouliez faire passer un énorme sac de farine dans un petit tuyau. En 2000, un
groupe de travail nommé MPEG (Moving Picture
Expert Group) met au point le format Mpeg-4. Ce
même groupe de chercheurs avait auparavant créé d'autres formats de compression
basés sur le même principe, mais moins puissants : le Mpeg-1, dédié au codage
vidéo en qualité VHS sur CD-Rom, et le Mpeg-2, utilisé pour le codage vidéo sur
DVD et destiné à la télévision numérique.
Le Mpeg-4, lui, est beaucoup plus souple. Son champ
d'application, très vaste, va de la vidéo haute définition à la diffusion sur
Internet, en passant par le multimédia mobile. Pour prolonger notre image, les
formats de compression Mpeg-1 et Mpeg-2 sont des lanières fixes pour fermer un
sac de farine, alors que le Mpeg-4 est un élastique dont la souplesse permet de
s'adapter à toutes les formes de sac. Son architecture extrêmement riche et
complexe lui permet en effet de transporter de la vidéo aussi bien en faible
débit - c'est-à-dire des données numériques de faible taille (exprimées en
kilobits par seconde) qui pourront passer dans un « petit tuyau » - que des
images en haute définition de plusieurs centaines de mégabits par seconde. Mais
ces images étant très lourdes, la compression, là aussi, joue un rôle
primordial. De plus, le Mpeg-4 possède un don magique : celui de rendre la vidéo
interactive !
Les différents profils du Mpeg-4
Le Mpeg-4 a plusieurs visages correspondant chacun à un
champ d'application. Dans sa forme la plus basique, il ne traite que des images
de petite taille sur des écrans informatiques. Mais au lieu de décompresser
vingt-cinq images par seconde, l'une après l'autre, il en calcule plusieurs à la
fois. Cette forme du Mpeg-4 appelée Simple
Profile vise des applications à très bas débit,
c'est-à-dire dont la vitesse de transport des données numériques va de 32 à
384 kbits/s, installées sur des appareils à puissance de calcul limitée comme
les téléphones mobiles, les assistants personnels (PDA), les baladeurs
multimédias, les petits caméscopes à carte mémoire - mais aussi pour la
diffusion de vidéo en direct sur Internet ( streaming), comme les
bandes-annonces de films ou les émissions de télévision.
Le deuxième visage du Mpeg-4 est appelé Advanced Simple Profile. Il
permet un traitement vidéo de bien meilleure qualité en supportant un débit
maximal de 8 Mbits/s. On l'utilise principalement pour le codage vidéo de film
sur CD-Rom. Le troisième profil est le Studio
Profile qui vise les applications audiovisuelles
professionnelles, pouvant aller jusqu'à la haute définition et au cinéma
numérique. Cette fois, la plage de débits va de 50 Mbits/s à 1,2 Gbit/s.
Il existe enfin des « profils » plus spécifiques, comme
le format gérant l'animation d'un personnage de synthèse préalablement
modélisé... prouesse qui nous conduit tout droit à l'image interactive.
L'interaction avec l'utilisateur
L'interactivité avec l'utilisateur est en effet la grande
force du Mpeg-4. Pour permettre cela, au lieu d'encoder toute la vidéo en une
seule passe, le Mpeg-4 traite séparément chaque composant de la scène (décor,
personnage, déplacement, son). Ces éléments visuels et sonores sont appelés
des « objets » .
Ils sont indentifiables, séparables et regroupables avec une relation dans le
temps et dans l'espace grâce à un langage informatique appelé BIFS (
Binary Format for Scenes) qui permet de définir le comportement de chaque objet en fonction
des commandes de l'utilisateur. Ces éléments peuvent être enregistrés par une
caméra ou un micro, mais aussi créés par des logiciels, en 2D ou en 3D.
Grâce à ce codage séparé, l'utilisateur a la possibilité
d'agir sur la vidéo durant la lecture. Il peut, par exemple, sélectionner,
supprimer, déplacer ou modifier certains objets, mais aussi cliquer sur un
élément pour en obtenir des informations ou des actions précises. Il est donc
plus que probable de voir bientôt le Mpeg-4 envahir le secteur des jeux vidéo,
permettant au joueur d'agir sur les personnages en mouvement ou de changer la
couleur de certains éléments.
Norme choisie pour la télévision numérique payante, le
MPeg - 4 devrait également permettre aux diffuseurs de supprimer volontairement
un élément de l'image transmise - comme par exemple le ballon lors d'un match de
foot ! - pour inciter l'abonné à s'acquitter de droits... s'il souhaite
bénéficier d'une image entière !
Encoder et lire du Mpeg-4
La vidéo Mpeg-4 se fabrique et se lit avec un
codeur-décodeur (codec) spécifique. L'efficacité de son algorithme permet de
diviser le poids d'un fichier DV par trois tout en conservant une définition et
une qualité d'image quasiment identiques. Le premier logiciel à accepter un
codec assurant la lecture du Mpeg-4 était Windows Media Player de Microsoft.
Depuis, il a été rejoint par QuickTime d'Apple et Real One Player. Mais le
Mpeg-4 peut aussi être « encapsulé »
à l'intérieur d'autres formats vidéo comme Avi ou Mov.
Enfin, il peut être lu sur la plupart des lecteurs de DVD de salon.
En 2003, une nouvelle mouture appelée Mpeg-4 AVC (plus
connue sous le nom de H. 264) a encore amélioré la performance du Mpeg-4 avec
une compression deux fois supérieure. Le résultat final est très probant : une
qualité s'approchant du DVD peut être obtenue avec un débit de seulement
1,5 Mbit/s ! Mais ces améliorations ont une conséquence sur le matériel : elles
engendrent un accroissement de la complexité du décodage, ce qui réclame un
temps de calcul plus long et donc un ordinateur puissant.
Héritiers et concurrents
Fort de son succès, le Mpeg-4 a engendré des « mutants » comme le format de
compression DivX, mis au point il y a cinq ans par un ingénieur français, Jérôme
Rota. Le DivX s'est rendu très populaire grâce à sa capacité à faire tenir un
film DVD entier sur un CD-Rom en conservant presque la même qualité d'image,
d'où sa réputation d'outil de piratage pour copier illégalement des DVD.
Aujourd'hui, le DivX est un format placé sous licence et exploité par la société
DivX Networks, fondée par son créateur aux États-Unis.
Autre codeur dérivé du Mpeg-4, le format Windows Media de
Microsoft, qui obtient des performances identiques voire supérieures. Enfin, le
XviD (anagramme de DivX) mis au point par des informaticiens indépendants, s'est
surtout développé dans l'univers Macintosh.
La rivalité entre ces formats est féroce, car Mpeg-4,
DivX et Windows Media visent les mêmes cibles professionnelles : l'industrie du
cinéma, la télévision, la diffusion de vidéo en ligne et l'électronique grand
public (caméscopes, appareils photo, lecteurs DVD). Très largement utilisé, le
Mpeg-4 garde cependant - du moins pour le moment - une bonne longueur
d'avance.
Des objets dans l'image
Le Mpeg-4 peut encoder chaque élément de l'image,
appelé « objet » ,
de façon séparée. Dans un film où des enfants jouent au ballon, le Mpeg-4 encode
le ballon et les personnages distinctement du décor. Cette technique permet de
créer une image interactive où le spectateur agit sur la vidéo avec une
télécommande. On peut ainsi supprimer le ballon de l'image ou modifier la
position des personnes.
Où trouver le codec ?
Le codeur Mpeg-4 est généralement intégré dans les
logiciels de montage vidéo, mais vous pouvez
télécharger, sur le site www.soft32.com
(en anglais), le logiciel Mpeg-4 Direct Maker qui convertit
n'importe quel fichier vidéo en Mpeg-4. Nous l'avons testé en convertissant un
fichier Windows Media HD de 1920 x 1080 pixels, pesant 126 Mo, en un fichier
QuickTime Mpeg-4 de 39 Mo. MainConcept propose également, en téléchargement
gratuit, l'encodeur H. 264 (version améliorée du Mpeg-4) sur le site
www.mainconcept.de/h264_encoder.shtml . Il est important de posséder un ordinateur puissant (processeur
cadencé à 3 GHz) pour assurer le codage et la lecture Mpeg-4 dans de bonnes
conditions.
|
|