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le CPL Le
courant porteur en ligne intéresse les régions oubliées du haut-débit. Comment
ça marche, et qu'en pensent les premiers utilisateurs ? Réponse à La
Haye-du-Puits, petit village du bocage normand.
Valérie
Quélier , Micro Hebdo, le 22/06/2005 à
07h00
Le CPL ne fait parler de lui que depuis quelques mois,
pourtant le principe du courant porteur en ligne n'est pas nouveau. EDF
l'utilise depuis une vingtaine d'années déjà, notamment pour relever à distance
les compteurs de ses abonnés, ou bien pour les faire basculer d'un tarif à
l'autre (heures pleines ou creuses, d'été ou d'hiver, etc.). Le principe est
identique à celui de l'ADSL : il consiste tout simplement à superposer au signal
électrique classique, qui utilise une fréquence de 50 Hz, un second signal à
haute fréquence (dans la fourchette de 1,6 à 30 MHz). Seule contrainte, ce
second signal doit être de faible intensité (moins de 0,5 volt), afin de ne pas
perturber les appareils électriques existants. Utilisé pour véhiculer des
données informatiques, le CPL permet de faire communiquer entre eux plusieurs
ordinateurs.
Un réseau d'intérieur...
Il existe en réalité deux types de CPL. Celui dit
« indoor » (en intérieur)
est utilisé pour créer un réseau local, dans lequel les câbles électriques
remplacent les câbles Ethernet. Pour relier un micro à ce réseau, il suffit
d'insérer un boîtier à la norme HomePlug entre une prise électrique et le micro.
Ce boîtier agit alors comme un filtre, en éliminant le signal de basse fréquence
afin de ne transmettre au micro que les données qui lui sont destinées. En
théorie, le CPL indoor permet un débit maximal de 14 Mbit/s, souvent plus proche des 6 ou
7 Mbit/s dans la pratique. Ce débit est à peu près équivalent à ce que permet le
Wi-Fi 802.11b, mais bien moindre que le Wi-Fi 802.11g (54 Mbit/s) et l'Ethernet
(100 Mbit/s). Néanmoins, la future norme HomePlug AV, en cours d'élaboration,
promet jusqu'à 200 Mbit/s.
... et un réseau d'extérieur
Le CPL dit « outdoor » (en extérieur) est
aussi appelé « boucle locale
électrique » ou BLE. Elle couvre la distance
entre le transformateur local d'EDF - - où Internet à très haut débit est
acheminé grâce à une liaison par fibre optique, satellite, ou... ADSL - et le
domicile de l'abonné.
C'est elle qui a été expérimentée à La
Haye-du-Puits (lire ci-après) pour distribuer le haut-débit aux différents foyers connectés,
équipés du modem adéquat. Là, le débit actuellement obtenu est de 15 Mbit/s...
mais, à la différence du indoor, il est cette fois à partager entre les utilisateurs. Cela suffit
néanmoins pour assurer un débit minimal de 1 Mbit/s par abonné... tout comme
l'ADSL, il n'y a pas si longtemps !
Comment ça marche ?
C'est dans le poste de transformation d'EDF que s'opère
le transfert des données Internet. A La Haye-du-Puits, elles arrivaient via un
satellite, mais, France Télécom ayant décidé d'installer l'ADSL dans la commune,
ce sont dorénavant les lignes téléphoniques qui les véhiculent. Le tableau
urbain réduit (photo ci-dessous) alimente différents quartiers de la commune. Dans ce même local,
un routeur vérifie si tous les équipements sont bien connectés et peut détecter
des pannes éventuelles.
Au même endroit, un second modem injecte un signal non
pas sur le réseau à basse tension, mais sur le réseau à moyenne tension. Ce
dernier envoie les informations vers un autre centre de distribution, plus
éloigné du transformateur (en l'occurrence le champ de foire à La
Haye-du-Puits), ce qui permet de servir encore d'autres abonnés. Bref, le centre
de transformation est une gigantesque prise multiple !
Plus une habitation est éloignée du central électrique,
plus le signal risque de subir des distorsions et d'être affaibli. Pour éviter
ce phénomène, EDF a installé des modems répéteurs (relais transformateurs) à
proximité des habitations. Cet équipement joue le rôle d'un point de
raccordement intermédiaire, qui récupère le signal pour l'amplifier. Autrement
dit, un répéteur permet de remettre en forme un signal affaibli de manière à ce
qu'il puisse arriver intact chez le particulier. Ce qui, en outre, permet
d'augmenter la portée.
L'abonné à l'offre CPL doit brancher son modem, fourni
par Infosat, sur une prise électrique... et non téléphonique. Il peut alors
surfer en haut-débit.
Combien ça coûte ?
Si l'offre d'Infosat est encore à l'étude, l'opérateur
proposera sans doute un forfait incluant un accès Internet à 1 Mbit/s et la
téléphonie pour 25 euros par mois. A ce coût s'ajoute le prix de la location du
modem, à savoir 5 euros par mois. Soit un total de 30 euros mensuels, équivalent
aux forfaits ADSL de certains fournisseurs d'accès à Internet, la télévision en
moins.
« L'important, c'est que ça fonctionne »
C'est dans le petit village normand de La Haye-du-Puits
que le courant porteur en ligne a fait ses premiers pas, le 22 avril dernier, en
tant que technologie haut-débit. Comme France Télécom tardait à installer l'ADSL
dans cette commune (depuis, l'opérateur a réagi et équipé le village en lignes
ADSL, qui sont exploitées par Cegetel, Free, Tiscali et Wanadoo), le Conseil
général de la Manche a choisi d'expérimenter le CPL en partenariat avec EDF et
le FAI spécialisé dans les collectivités locales, Infosat.
« Notre objectif est de permettre aux collectivités
locales d'avoir du haut-débit là où France Télécom ne va pas », indique Marie Cosne, ingénieur réseau chez EDV-CPL. Pour ce faire,
EDF loue son infrastructure à des opérateurs qui se chargent de proposer une
offre de haut-débit aux particuliers.
Nous avons rencontré quelques-uns de ces pionniers.
Fabrice Mignon accède à Internet via l'ADSL à son domicile, et par le CPL à son
travail. Il apprécie le CPL, mais reconnaît télécharger plus rapidement chez lui
qu'au bureau.
Louis Huet, le curé de la paroisse, responsable de
27 communes, utilise surtout Internet pour acheter des livres, communiquer avec
l'évêché ou envoyer le fichier du journal de la paroisse à l'imprimerie. Il
apprécie cette récente accélération du débit, mais il n'a pas encore décidé s'il
s'abonnera à l'offre CPL payante d'Infosat ou à un forfait ASL d'un autre
FAI.
Marie-Christine Limogi, responsable d'Imprim' Graphic,
partage cette même hésitation, mais elle reconnaît que la qualité de
l'assistance téléphonique d'Infosat est un point fort : « Les hot lines des fournisseurs d'accès à Internet, c'est
l'horreur. » Avant de conclure, non sans
philosophie : « L'important, c'est que ça
fonctionne. » Et pour l'instant, c'est le
cas.
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