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la compression d'image Réduire le poids des données sans en altérer la qualité : c'est le but
des techniques de compression d'image que les chercheurs tentent d'améliorer.
Mais les difficultés restent nombreuses...
Pierre
Maslo et Anne Lindivat , L'Ordinateur Individuel,
le
23/11/2005 à 07h00
Entre la photo, la vidéo et la télévision, nous
consommons toujours plus d'images numériques. Mais les tuyaux qui servent à les
diffuser (liaisons ADSL et câble, réseaux de téléphonie mobile, etc.) comme les
supports qui permettent de les stocker (cartes mémoire, disques durs, DVD, etc.)
n'ont pas des capacités infinies - même si elles augmentent continuellement.
D'autant que cette boulimie de pixels va encore s'accentuer avec le
développement de nouvelles technologies, telles la haute définition, la
télévision sur téléphone mobile, etc. Pour satisfaire ces nouveaux besoins, les
spécialistes cherchent à mettre au point d'autres méthodes de compression
d'image, afin de réduire le poids des données. Avec une contrainte
incontournable : ne pas - trop - dégrader la qualité.
Le principe du JPeg : le découpage de l'image en carrés
Les premiers standards de compression d'image n'avaient
que peu d'incidences sur la qualité. A l'instar des techniques de compression de
données « informatiques », elles se contentaient de réduire la taille des
fichiers en codant intelligemment les redondances (les parties qui se répètent à
l'identique). Ainsi, au lieu de coder une image point par point, toutes les
zones présentant des caractéristiques semblables (des aplats de couleurs, par
exemple) utilisaient le même code, et ce code était d'autant plus court que
l'élément était fréquent. Avec ce type de compression, l'image compressée ne
présentait qu'un faible taux de dégradation, elle ressemblait beaucoup à l'image
d'origine. Revers de la médaille : le poids du fichier était souvent quasi
identique à celui du fichier d'origine !
Puis est arrivé le JPeg. Ce format tire son nom du
Joint Photographic Expert Group , le comité de spécialistes de l'image qui a défini sa norme en
1991. Destructif, le JPeg permet de faire varier le taux de compression de façon
inversement proportionnelle à la qualité de l'image. Son principe repose sur le
découpage de l'image en carrés de 8 x 8 pixels (ou 16 x 16), puis sur leur
compression à l'aide d'une opération mathématique appelée Transformée DCT (en
français Transformée en cosinus discrète). Cette opération traduit les carrés,
d'une part en fréquences, dont la valeur représente l'importance et la rapidité
d'un changement dans l'image ; d'autre part en amplitudes, dont la valeur
représente l'écart des changements de couleurs. Pour faire baisser le poids des
images, on augmente le taux de compression en éliminant les fréquences de faible
amplitude. Bien entendu, plus le nombre de valeurs éliminées est important, plus
l'image est mauvaise. Mais c'est le prix à payer pour une compression
importante. Plus efficace que les méthodes de compression non destructives pour
réduire le poids des images, le JPeg présente toutefois un défaut majeur : après
l'opération, le réassemblage des carrés engendre des artefacts disgracieux en
faisant apparaître des traces au niveau de leurs jonctions.
Une nouvelle technique qui repose sur les ondelettes
En 2001, des chercheurs ont finalisé un procédé qui
élimine ce défaut. Baptisé JPeg 2000, il ne repose plus sur les DCT, mais sur
les ondelettes. Plutôt que de compresser l'ensemble de l'image au même taux, le
procédé des ondelettes analyse les contrastes et les classe en fonction de leur
importance. La compression tient compte de ces différences : une dégradation
plus importante est admise pour les régions à faible contraste, là où les
approximations n'auront que peu d'importance pour le rendu de l'image. Les zones
de fort contraste sont, en revanche, ménagées. Cette compression à géométrie
variable autorise, à qualité identique, une compacité plus grande que le JPeg.
S'il n'est pas parfait, le résultat introduit une impression de flou général
plus acceptable que l'apparition d'artefacts aux jointures des blocs. Mais la
complexité de ses calculs nécessite tant de ressources au niveau de la mémoire
et des processeurs que le JPeg 2000 n'a pas réussi à s'imposer.
Aujourd'hui, plusieurs pistes sont suivies pour trouver
un autre successeur au JPeg. Certains chercheurs tentent d'améliorer les
processus mathématiques servant à compresser les images, tandis que d'autres
essaient d'en élaborer de nouveaux. Mais aucun n'a encore fait la preuve de la
supériorité de son procédé de compression par rapport au JPeg. L'enjeu est
pourtant de taille, car imposer un nouveau format reviendrait à percevoir des
droits de la part de nombreux fabricants (constructeurs d'appareils photo
numériques, de décodeurs, de téléphones mobiles...). C'est pour cette raison que
les chercheurs restent discrets sur leurs nouvelles pistes et leurs progrès. En
matière de compression d'images, la bataille des standards ne fait que
débuter.
Utiliser des fractales
En 1986, Michael Barnsley, chercheur au Georgia Institute
of Technology d'Atlanta, a développé une méthode pour compresser les images à
l'aide d'algorithmes basés sur les fractales, ces courbes dont les motifs se
répètent à l'intérieur d'elles-mêmes. La compression fractale considère qu'une
image est composée de zones qui répliquent, en plus petit ou en plus grand,
d'autres parties de l'image. Elle autorise de meilleurs résultats que le JPeg
sur les images comportant de nombreux détails irréguliers, comme des photos de
littoral accidenté ou d'empreinte digitale, par exemple.
Mais ce procédé souffre d'un défaut : la lenteur des
calculs. Des recherches sur l'amélioration de cette méthode de compression sont
menées notamment à l'université de Waterloo et à l'école Polytechnique au
Canada, à l'université de Bath en Angleterre et à l'Inria (Institut de recherche
en informatique et en automatique) de Rocquencourt. En mai dernier, Michael
Barnsley, qui vit et travaille maintenant en Australie, a annoncé qu'il
travaillait sur une nouvelle génération de sa technique de compression
fractale. |
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