| |
Le 22 octobre 2010, les fabricants de PC ne pourront
plus installer Windows XP sur des netbooks. Cela marquera la fin
définitive de la commercialisation de l'OS, initialement prévue en 2008.
Internet Explorer 9 et d'autres applications ne seront pas compatibles avec XP.
Après une quasi décennie, le plus pérenne des OS Microsoft est mis au placard.
Explications avec Philippe Perechodkin, directeur de la ligne de produits
Windows pour le grand public.
01net. : Microsoft tourne-t-il
enfin la page Windows XP ? Philippe
Perechodkin : oui, nous tournons la page Windows XP après quasiment une
décennie d'existence. Il aura démontré sa robustesse et son adaptabilité. Mais
Windows 7 est meilleur dans tous les domaines. Même au niveau des performances :
il bat XP sur des machines anciennes. Il n'y a donc plus aucun intérêt à rester
sous Windows XP. Nous avons prolongé la vie de ce système d'exploitation en
2008 afin de répondre à une évolution du marché autour des netbooks.
Windows Vista n'avait pas été conçu pour ces machines alors que Windows XP
pouvait parfaitement leur correspondre. Mais aujourd'hui, n'importe quel
netbook fonctionne avec Windows 7. Il est donc temps pour Windows XP de
prendre sa retraite.
Windows XP est-il
réellement obsolète techniquement ? Oui. Il est
basé sur des technologies d'il y a dix ans. Certaines briques que nous utilisons
pour nos nouveaux produits, dont Windows Live Wave 4 ou Internet Explorer 9, sont absentes de Windows XP. Ce système
n'est plus en phase avec les usages d'aujourd'hui que ce soit par exemple pour
la vidéo ou les jeux qui ne peuvent exploiter toutes les capacités des cartes
graphiques actuelles. La connectivité haut débit permanente, notamment en Wi-Fi,
les écrans tactiles, la 3D sont autant de technologies pour lesquels Windows XP
n'a pas été conçu et auxquelles il n'est toujours pas parfaitement
adapté. L'ergonomie est également dépassée. Je pense par exemple à la gestion
des fenêtres dans Windows 7, à la recherche rapide intégrée dans le menu
Démarrer, à la visualisation de la connectivité Wi-Fi. Il y a eu un vrai bon en
avant en matière d'interface utilisateur et XP n'est plus au niveau.
A quoi seront confrontés les utilisateurs
continuant à utiliser XP ? Le 13 juillet prochain,
Windows XP SP2 [Service Pack 2, NDLR] ne sera plus pris en
charge par Microsoft. Cela signifie que le support technique ne pourra plus
répondre aux questions sur ce système. Par ailleurs, vous ne recevrez plus de
patchs de sécurité. Votre système sera donc moins à l'abri des attaques
virales.
Il faudra alors nécessairement passer au
SP3 ? Cela est vivement conseillé. Le support de
XP SP3 durera jusqu'en avril 2014. Il s'agit cependant du support étendu, car le
support standard de Windows XP est terminé depuis 2009. Dans le cadre du support
étendu, les utilisateurs continuent à recevoir les mises à jour de sécurité
gratuitement. Mais pour les correctifs de bugs, il faut souscrire à un
abonnement payant destiné aux entreprises. Au-delà du support technique,
continuer à utiliser Windows XP devient problématique. Bon nombre des
nouvelles applications que nous allons lancer ne fonctionneront plus avec cet
OS, à l'image d'IE9 ou de la suite Windows Live Essentials. Outre Microsoft, les autres éditeurs
vont faire de même. La liste des logiciels compatibles va donc vite se réduire.
Il en ira de même pour les périphériques et accessoires dont les pilotes vont
rapidement ne plus être développés pour Windows XP.
Windows XP a-t-il un avenir
commercial sur des machines spécifiques ou dans les pays émergents, avec
notamment l'édition Starter ? Il n'a, à ma
connaissance, aucun avenir commercial. Tous nos efforts et nos ambitions sont
désormais concentrés sur Windows 7. Même dans les pays émergents nous proposons
désormais Windows 7, qui existe aussi en version Starter. Bien entendu,
Windows XP pourra toujours être déployé par certaines entreprises qui en
possèdent encore la licence et ne veulent pas passer à Windows 7. Il continuera
également d'équiper des machines d'occasion, dont certaines sont envoyées dans
les pays émergents. Mais cela restera anecdotique.
|